Facture d’électricité

Notice

Domaine d’économie:

Pointes électriques

Mots clés:

électricité
Les factures d’électricité sont souvent difficiles à déchiffrer et une interprétation un peu plus pointue permettrait sans aucun doute d’économiser de l’argent, bien plus que vous ne pourriez le croire !

Situation initiale

Les factures d’électricité sont souvent difficiles à déchiffrer et une interprétation un peu plus pointue permettrait sans aucun doute d’économiser de l’argent, bien plus que vous ne pourriez le croire !

Les réponses aux trois questions ci-dessous mettront en évidence les pistes à suivre afin  de minimiser les coûts de l’électricité:  

  • Peut-on abaisser la consommation d‘électricité?
  • Les coûts de puissance  sont-ils en rapport avec les coûts globaux déclarés? 
  • Les coûts de puissance réactive doivent-ils être payés ?

Consommation d’électricité (kWh)

Les coûts de l’électricité grimpent inexorablement. Le meilleur moyen de les réduire est bien sûr de faire preuve de plus d’économie. Pourquoi pas à l’aide des nombreux exemples et fiches disponibles sur la plateforme d’hotelpower ?

La consommation électrique est moins importante pendant la nuit et en fin de semaine. C’est la raison pour laquelle l’électricité est souvent plus avantageuse pendant les plages heures creuses HC (jusqu’à 50% de moins que pendant les plages heures pleines HP). Cette tarification contribue à son tour à rendre la consommation électrique plus régulière. Pourquoi ne pas envisager ces possibilités ?

Comment? En relevant les plages heures creuses et en organisant le travail judicieusement ou à l’aide d’un système/logiciel gérant l’enclenchement de différents gros consommateurs d’énergie pendant les heures les plus propices. Ainsi le portier de nuit se chargerait de mettre le linge dans les machines à laver et les séchoirs, les accumulateurs d’eau chaude fonctionneraient la nuit, de même que les évaporateurs des installations frigorifiques qui doivent dégivrer.

Coûts de puissance (kW)

Ce sont les coûts de puissance qui sont généralement facturés aux établissements hôteliers. Ils peuvent se monter à 20 ou 30 % de la facture d’électricité globale. S’ils dépassent 24 %, il existe un réel potentiel d’économie à exploiter. C’est grâce à votre engagement ou à l’aide d’un système de contrôle énergétique que vous surveillerez et réduirez les pics de puissance, parfois aléatoires, sans déranger sensiblement l’accomplissement du travail de votre établissement. Dans un hôtel typique, il est à relever que la réduction d’un pic de puissance de 265 kW à 186 kW permet d’économiser, selon le fournisseur d’électricité, environ CHF 10'000 par année ! Les mesures à appliquer dans ce but sont souvent amorties dans un délai de 3 à 6 ans.

Courbe de puissance (en kW) d’un hôtel typique en 24h:

Pics de puissance avant optimisation


Pics de puissance après optimisation

Les contrats de fourniture d’électricité contiennent en plus du prix de l’énergie en  kWh, également le prix pour les kW fournis, donc le prix de la puissance ou du kW. Le fournisseur d’énergie calcule le prix de la puissance mensuellement. Pour ce faire, il saisit la puissance consommée toutes les 15 minutes; la valeur mensuelle la plus élevée qu’il aura mesurée sera facturée.  

C’est de cette manière que le fournisseur d’énergie couvre ses frais dus à une consommation d’énergie très irrégulière. Il est donc judicieux aussi bien du point de vue  du fournisseur que de celui de son consommateur, d’aménager la demande en puissance de façon aussi régulière que possible afin d’abaisser les coûts.  

Par conséquent la gestion des pics de puissance est une mesure d’économie significative où le client futé est celui qui consomme de l’électricité de façon plus uniforme.

Comment surviennent des pics de puissance?

Si le jour de Pâques la cuisine de l’hôtel fonctionne en plein et que les machines à laver et les séchoirs démarrent en même temps à la lingerie, apparaît un pic de consommation, décisif pour les coûts de puissance du mois en cours. Quinze minutes incontrôlées suffisent à engendrer des coûts élevés.

Comment éviter des pics de puissance et ainsi réduire les coûts de puissance ?

La question cruciale est celle-ci: à quel moment quel appareil doit-il fonctionner. Le travail en cuisine est déterminé par les exigences des hôtes, la mise en marche de la machine à laver la vaisselle peut être décalée un peu; mais il est nettement plus facile d’organiser le déroulement du travail à la lingerie. La cuisine et la lingerie sont les secteurs les plus gourmands en électricité, par conséquent il serait préférable, dans la mesure du possible, de ne pas mettre en marche les différents appareils en même temps.

Une organisation judicieuse du temps de travail et l’emploi d’appareils efficients au point de vue énergétique contribuent grandement à abaisser aussi bien les coûts de la puissance que ceux de l’énergie.

Exemples: les machines à laver nécessitent beaucoup d’énergie pour la mise à température, alors qu’il n’en faut plus que très peu pour le lavage; pourquoi ne pas mettre en marche la deuxième machine ou le séchoir 20 à 30 minutes plus tard afin que la puissance consommée soit plus équilibrée ?

Il en est de même pour la cuisine: enclenchez les gros appareils les uns après les autres et selon les besoins. Etablir un ordre de priorité s’avère impératif à la cuisine et à la lingerie.

Que faire?

Une évaluation de la courbe de puissance met en évidence quels sont les appareils qui fonctionnent effectivement et à quel moment. La plupart des fournisseurs d’électricité peuvent effectuer de telles mesures; elles sont généralement gratuites et peuvent faire partie d’une offre de fidélisation de la clientèle. La manière la plus favorable est de mesurer la courbe de puissance pendant deux semaines comprenant des jours très chargés. L’idéal serait de faire figurer sur un tableau les heures d’enclenchement de tous les gros consommateurs d’électricité pendant ces deux jours. Le diagramme de la courbe de puissance permet d’identifier facilement les appareils gourmands en énergie et d’en déduire les mesures à appliquer.

Les mesures organisationnelles représentent la base de la gestion de la puissance et seront les premières à être mises en œuvre.

  • Identification des jours et des heures de la journée où la puissance est facturée.
  • Décalage organisationnel des grands consommateurs: quels sont les appareils prioritaires? Et à quel moment ?
  • Blocage mutuel des grands consommateurs (soit la calandre, soit le séchoir) 
  • Signal acoustique ou visuel en cas de dépassement de la valeur maximale choisie, par exemple transmission par radio du boîtier de distribution dans la cuisine et la lingerie (pour établissements plus petits)
  • Contrôle à l’aide de la facture d‘électricité
  • Contrôle au moyen de compteurs électriques, modernes et électroniques qui signalent les pics de puissance déterminants des derniers douze mois en mentionnant la date, l’heure et la puissance (demander à votre fournisseur d’électricité de changer les compteurs et/ou le mode de fonctionnement)

-> L’engagement des intéressés aura un impact direct sur les chances de succès de ces mesures dans une échelle de catégories allant de la bonne gestion de l’énergie à une gestion plus lacunaire.

Mesures techniques: Du point de vue pratique, c’est un système/logiciel gestionnaire de la puissancequi assumera le déclenchement momentané ciblé de certains consommateurs d’électricité, afin de ne pas dépasser la valeur fixée (en kW) de chaque période de quinze minutes. Les premiers appareils déclenchés sont les séchoirs ou les machines à laver (uniquement la partie production de chaleur, à l’exception de la mécanique et de la commande). L’objectif capital reste de ne pas gêner notablement le déroulement du travail. Les appareils lents se prêtent bien à un déclenchement de courte durée; c’est le cas des fours à plaques en fonte, des poêles basculantes et des chauffe-plats. Tous les gros appareils de la lingerie ainsi que les climatiseurs et installations frigorifiques sont indispensables. Il est impératif d’inclure dans le calcul, des cycles de travail d’autant plus longs. Les appareils accomplissant des travaux sensibles, tels le four à induction, les cuiseurs à vapeur, les salamandres etc. ne devraient pas être connectés à un système/logiciel de gestion de la puissance. 

Il est également indispensable de déterminer le potentiel de délestage de puissance de l’établissement avant de procéder à l’installation d’un système/logiciel de gestion de la puissance. Les facteurs d’influence déterminants sont la puissance réductible et les coûts pour le raccordement au système/logiciel. Le plus souvent chaque appareil ou groupe de consommateurs raccordé doit être câblé au gestionnaire de puissance. Les coûts de l’installation correspondent-ils au potentiel de réduction de la consommation électrique ?

  • Gestion électronique de la puissance
    simple: en tenant compte de la puissance nominale des appareils
    « hightech »: avec enregistrements des états d’exploitation des appareils
  • Contrôle sur impression, raccordement à un PC ou autres
  • Coûts: appareil dès CHF 4'000.-, installation tout aussi coûteuse, peut-être même plus élevée
  • Dans la phase de départ il est impératif d’envisager un suivi professionnel jusqu’à ce que tous les ajustages soient conformes aux désirs de l’utilisateur.

-> Très bonnes chances de succès: 25 à 40% de baisse des pics de puissance, ainsi que des coûts de puissance (faire calculer ces résultats très positifs par le fournisseur, à la rigueur obtenir un garantie)

Energie réactive (kVarh)

L’énergie réactive surgit lorsque fonctionnent des consommateurs tels que des moteurs asynchrones, des transformateurs et des inductances (ballasts de tubes fluorescents). Ainsi partout où se trouvent des bobines (dans les moteurs, les pompes, les compresseurs) se forme un champ magnétique qui génère ou consomme de l’énergie réactive. Celle-ci oscille entre le consommateur et le producteur d’électricité et surcharge inutilement le réseau électrique. Le fournisseur d’électricité accorde à ses clients une certaine quantité d’énergie réactive (kVarh), correspondant le plus souvent à 50 % de l’énergie active (kWh). Ce qui dépasse ce chiffre est facturé à 5 ct/kVarh par exemple.

Que faire?

Avez-vous décelé les coûts de l’énergie réactive dans vos factures d’électricité? Au plus tard lorsque le montant dépasse CHF 500.- par année, vous devriez vous en inquiéter, faire contrôler vos installations et vos factures d’électricité par un profes-sionnel, car il y a gros à parier qu’une installation de compensation d’énergie réactive serait rentable.

Auteurs

  • Fachhochschule Nordwestschweiz, Institut Energie am Bau
  • Ingenieurbüro Energie und Umwelt